jeudi 7 décembre 2006

Sans excuses...


Etre pragmatique, regarder les réalités en face. Faire le ménage en quelque sorte. Balayer devant sa porte.. « Il est temps de quitter l’enfance » ils m’ont dit. Ils m’ont dit que c’est chaque fois la même chose.. Que je ne suis pas comme les autres que c’est tout juste si je ne fais pas mon intéressant. A mon âge.
Je rêve encore de soirées avec des inconnus qui s’avèreraient être de meilleurs amis d’enfances que les vrais, les imbéciles, les subis. Je rêve d’avoir le temps, de convaincre les cinglés dans ma rue de troquer leurs Pitt contre des chats, et de m’emprunter mes livres si y veulent.

Et puis à coté de ca faut parfois faire les comptes. C’est un moment éprouvant, terrible, lorsque l’on s’aperçoit que finalement il est grand temps de se considérer comme l’un des multiples éléments qui participent a la vie économique.. Nous sommes tous peu ou prou des producteurs et surtout des consommateurs.. Je ne travaille pas 40 heures par semaine, je n’ai pas (encore) le statut de cadre, qui voudrait dire que j’ai le droit d’engeuler les autres, de les traiter comme des cons tant qu’ils n’ont pas changés de boites pour faire de même.. En 40 heures, il est parait il possible de faire beaucoup de choses. Par exemple aller a la plage écrire, lire, faire la cuisine, voyager, on peut donc vivre en 40 heures. Il me reste pour le coup a peu prés 40 années a vivre.. J’espère plus.. J’aimerais vivre mes 40 dernières années loin des cons, c'est-à-dire loin des serveurs de servitude, qui m’assomment tous les matins avec leur idéologie, leur Play station, leurs voyages organisés, leurs maisons en béton, leur voiture, leur future femme. J’aimerais pouvoir éteindre mon pc comme j’ai éteins définitivement ma télé il y a quelques temps.. Mais hélas je dois chaque mois, éviter mon découvert, apprendre des tas de choses certainement inutiles et je dois bien sur manger..

Quel tristesse la condition de l’homme moderne, un ami vient justement de rentrer chez lui, a deux pas, il m’a raconté l’ennui, le boulot, les autres, la routine, les p’tits chefs, les grands chefs, l’arrogance, les plaisanteries, les tableaux de bord, le racisme, ordinaire, celui qu’on balance en courbant le dos tout en regardant derrière des fois que… il m’a dit ce que je ne veux plus voir je sais que ca existe, je sais qu’ils sont là, partout, j’en connais même certains. Mêmes des femmes, ils sont de tout les pays, de tout les temps, mais aujourd’hui ils ont des traites et des crédits, la télé le câble internet le pavillon en béton des meubles moches qui leur rappellent la chaleur de leur enfance. Ils sont la et survivent, jour après jour, dans le public, dans le privé, des vies qu’on leur a prévues. Sauf qu’ils s’y enterrent, feignant de ne pas voir l’art passer et le temps qui s’enfuit ! Ils jugent sans cesse. Ventre mous et regard fuyants. Obéissant à l’uniformité qui leur fait vivre la vie comme on mange du surgelé. Ils disent les autres, les noirs, les arabes, même les juifs.. Et ceux la le leur rendent bien, comme on est tous pareils.. Que la guerre vienne un jour, ils se tairont, se terreront, en attendant leur fin, en espérant enfin une baisse des taxes sur l’essence.

Les gens sont sans excuses !

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