
Il y a une infinie tristesse à déambuler dans les couloirs de Carrefour une liste à la main. Cette liste n'est pourtant qu'un début. J'affiche désormais mon statut de célibataire. Au bout du tapis roulant, une caissière obèse. Je couve quelque chose. Entrer dans une vie, quelque soit la manière, ou écouter la raconter. Rapidement, on me raconte, on me détaille, on me développe. Rapidement on se cloisonne. Parce qu'un mur ne suffit pas, il en faut construire d'autres pour qu'enfin la rencontre se fasse dans une sorte de cadre.
La faute au temps, forcément. La faute à moi, surtout.
Arriver dans ces multiplications d'histoires, d'enfances, de salaires, de silhouettes, de voix et de chattes. Constater l'ampleur des dégâts passés, et l'incapacité d'interagir, juste prôner cette soumission aux traits, aux comportements, cette acceptation de l'autre pour éviter d’y voir un peu de soi, suffisamment pour s'assoir un moment, et tenter l'échange...
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