
Depuis tout petit, je n’ai que moi, mais je m’ai bien. Et pas qu’un peu.
Personne d’autre ne peut se vanter d’un tel conformisme, d’un tel miroir.
Moi je, moi-moi, encore moi, et sous tel angle, et l’autoportrait, et le personnage. Moi, toujours. C’est un peu minable, mais je n’ai que ça en magasin.
Notez bien, toutefois, que chez d’autres, c’est pire!
Donc pour changer peu ou prou (ou pas du tout!) je m'en vais vous expliquer l’éloge des médiocres!
En effet depuis qu’on a mis de jeunes imbéciles nés dans des boîtes de nuit, j’ai l’impression qu’on a mis à nu un nouveau mode d’accomplissement social. Celui de l’éloge des médiocres. Il me semble qu’il est bon de faire la généalogie du phénomène, tant la chose est importante.
C’est un fait. Être mal né, ça tombe mal.
Autrefois, les enfants très mal nés portaient des noms terribles. Je me rappelle très bien d'une Christelle ou peut etre juliette.. En CE2! ou une epoque tres proche.. on la traitait de Mongol, elle était débile légère, se pissait dessus, nous crachait à la gueule, mangeait des chewing-gums sans les mâcher...
La méchanceté de nos âmes d’enfants était compensée par une peur étrange de cette fille.
Quel mal mystérieux la rendait si bête, et dingue en plus ?
Alors, finalement, on l’aimait bien. On n’en aurait pas fait une star, mais fallait pas l’embêter, on la défendait.
Et comme depuis quelques temps, l’ascenseur social étant particulièrement en panne, voire revendu en pièces détachées à la Corée du Sud, on assiste à la mise en évidence des médiocres.
Depuis les rappeurs jusqu’au technoïdes, en passant par les acteurs fils à papa, les actrices du même genre, les entrepreneurs héritiers des délocalisations paternelles, passons.
Dire du bien d’un artiste qui travaille, c’est etre ringard, réac. C’est vite fait. Bref.
La télévision remplace donc, par tirage au sort, comme le Loto, les hommes noirs de la République, morts et enterrés par Jack Lang, mongolissime en chef de l’ascenseur social à paillettes.
Au milieu des milliers de médiocres ne sachant que faire, il est bon d’en choisir des bien galbés, des propres, des représentatifs, des capables de vivre sans un livre pendant des années, et d’y ajouter deux ou trois salopes du même gabarit, l’érotisme du verbe en moins.
Ceux-là ne lisent pas, même l’annuaire, ils s’en foutent, vu que leur carnet d’adresses est déjà enfoui dans leurs téléphones portables.
Le monde est devenu, en vingt ans, tout à coup minuscule. La voilà la mondialisation, la vraie.
Les têtes se rétrécissent aussi vite que la forêt amazonienne, on se contente de peu, et les nouveaux rois sont totalement médiocres...

2 commentaires:
Merci pour cette information interessante
De rien Anonyme ..
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